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dimanche 28 novembre 2010

La Moldavie dans l'actualité

Avec les élections du 28 novembre, la Moldavie fait un parler d'elle dans les média. Voici quelques articles.

LeTemps.ch

La Moldavie plongée dans les doutes de l’ère post-soviétique



Carole Vann envoyée spéciale en Moldavie Infosud

Près d’un tiers des Moldaves en âge de travailler ont franchi dans la clandestinité les portes de l’UE. Portrait du pays le plus pauvre d’Europe, à la veille d’élections législatives

Maisons coquettes aux jardins fleuris, charrettes remplies de foin tirées par des chevaux, champs vallonnés. Nous sommes en Moldavie, petit Etat pris en sandwich entre la Roumanie et l’Ukraine. Mais derrière le décor bucolique, se cache une réalité dramatique. Ces jolies maisons, toutes pourvues d’un puits minutieusement orné, sont souvent inhabitées, sans chauffage ni eau courante ni systèmes d’évacuation; de nombreux champs sont à l’abandon et les paysages sont traversés par des routes trouées et désertées. La Moldavie, classée pays le plus pauvre d’Europe, arrive au 117e rang sur 182 dans l’indice de développement humain. Son PIB par habitant correspond à celui du Soudan.

Quant à ses 3,6 millions d’habitants, ils sont en proie à un chômage endémique. Entre 600 000 et un million de Moldaves – soit un tiers de la population active, selon l’Organisation internationale des migrations (OIM) – ont quitté leur foyer pour aller grossir les rangs des travailleurs clandestins en Italie, Portugal, Espagne, France, Grèce ou comme saisonniers en Russie.

Bien que situé au cœur de l’Europe, la Moldavie ne fait pas partie de l’Union européenne. Les Moldaves, au même titre que les Africains, Asiatiques ou Latinos, doivent débourser aux passeurs des milliers de francs pour franchir la forteresse Schengen. Ils sont contraints de laisser derrière eux vieillards et enfants. Dans certains villages, la moitié des écoliers se retrouvent ainsi livrés à eux-mêmes. Accablés, ils désinvestissent leurs études et sont aussi des cibles privilégiées des prédateurs qui alimentent les réseaux du trafic humain, un fléau dévastateur dans la région.

«C’est une génération sacrifiée», explique Elena Lacubenco, directrice du centre d’accueil pour enfants Amic, à Larga au nord du pays. Même son de cloche de la part de Grigore Florea, directeur d’un centre de formation professionnelle à Leova au sud. En collaboration avec la Croix-Rouge suisse (CRS), les deux centres essaient d’apporter à ces jeunes un soutien matériel et psychologique. «En 2008, lorsque nous avons démarré nos programmes, très vite, nous avons concentré nos activités autour des vieill- compte de cet exode massif», raconte Lina Berger, responsable régional de la CRS.

Malgré l’argent de l’émigration, un tiers de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. La corruption qui gangrène le pays n’arrange pas les choses. Sans président et donc dans l’impasse politique depuis plus d’une année, l’actuel gouvernement, une coalition pro-occidentale, a annoncé des législatives anticipées pour fin novembre.

«La misère ici n’a pas le même visage que dans le tiers-monde, souligne Lina Berger. L’argent des migrants est investi dans la construction des maisons et les produits de consommation, mais l’infrastructure ne suit pas.» Certes, les terres ont été redistribuées, mais les paysans, dans l’impossibilité de s’acheter le matériel, ne cultivent que le strict nécessaire à leur survie quotidienne. De même, le prix du gaz est exorbitant (200 francs par mois, soit l’équivalent de ce que gagne le travailleur clandestin).

Le passage brutal d’une économie planifiée à une économie de marché se fait ainsi cruellement sentir dans les villages. Là où le pouvoir central assurait un service public – gaz, électricité, bains, lavoirs, outils et machines pour l’agriculture – la privatisation plonge les habitants dans la précarité physique et morale.

(http://letemps.ch/Page/Uuid/ae66537c-f292-11df-903d-be13e2434cbc|0)




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